Kristi Lane Sinclair parle de la légende du sasquatch

Dans notre culture contemporaine, nous recherchons la science et la vérité pratique, tandis que pour les peuples autochtones, la transmission orale constituait le seul moyen de conserver les récits, l’histoire et les connaissances.

Le point de vue des peuples autochtones au sujet du sasquatch n’a pas tellement changé au fil du temps. Une riche tradition orale combinée à des illustrations historiques et artistiques raconte une histoire datant du début des temps. C’est le récit d’un être mystique que nous ne comprenons pas très bien, mais aussi un récit de courtoisie et de relations. Ces récits témoignent d’un profond respect et du pouvoir sacré d’une créature qu’il est préférable de ne pas déranger, que ce soit sur le plan spirituel ou physique.

Pour les populations autochtones, les légendes entourant cette créature aux allures de gorille ou « d’homme sauvage » existent depuis des temps immémoriaux. Cette créature porte le nom de Sesq’ets dans la Première nation Musqueam, Sacsquec dans la tribu Sto:lo et Gaagiixid chez les Haïdas. Les Nuxalk la nomment Boq’s, et la liste est longue!

Les légendes du sasquatch font partie de la bande des Sts’ailes depuis des siècles. Le mot sasquatch est dérivé du mot salish Sa:sq’ets qui signifie « homme sauvage » et raconte l’histoire d’un gardien qui veille sur les terres des Sts’ailes, qui couvrent les régions des lacs Harrison et Chehalis en Colombie-Britannique. D’ailleurs, le logo et le drapeau national des Sts’ailes arborent l’image du sasquatch. Le Sa:sq’ets n’est pas un monstre, mais il ne faut pourtant pas le déranger. Selon les croyances, apercevoir un Sa:sq’ets signifie que vous êtes au bon endroit au bon moment. C’est un bon présage.

Pour les Haïdas, le Gaagiixid fait partie d’une longue et riche histoire de « l’homme sauvage ».  Selon leurs croyances, il arrive qu’un homme se perde et que, sur le point de mourir, il se transforme parfois en un être surnaturel, un homme sauvage, un Gaagiixid.  Le Gaagiixid devait toujours être respecté et était, en quelque sorte, un parent des Haïdas. Les chants, les danses et les histoires demeurent des forces puissantes qui font en sorte que Gaagiixid occupe toujours une place forte au sein de la culture des Haïdas.

Kristi Lane Sinclair œuvre dans l’industrie de la télévision depuis plus de dix ans.  Elle est productrice et réalisatrice de télévision originaire des nations Haïda et Cri. Son travail a été présenté sur les chaînes CityTV, JoyTV et APTN. Selon Mme Sinclair : « Les enseignements, les traditions et la culture autochtones ont été préservés pendant des millénaires grâce à la transmission orale.  J’ai eu le grand honneur d’entendre les témoignages de James Leon de la bande des Sts’ailes et de Jim Hart de Haïda Gwaii à l’été 2016 qui ont servi à approfondir mes recherches pour un prochain documentaire télévisé sur le sasquatch. »